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Lintervention
quAlain Declercq propose au Dojo est un séjour parmi les oppositions
flagrantes et sous-entendues, clairement représentées dans
lidée et la plastique de son wall drawing Embedded vs. Wildcat
: le noir et le blanc, une violence sourde et contenue mais très
frontale, des soldats livrés à la guerre et des reporters
qui sy engouffrent de leur plein gré. La signature dAlain
Declercq se lit dans la clarté percutante de ses uvres, mais
aussi dans leur inhérente complexité. Limmédiateté
de ses pièces cache souvent des machinations surprenantes. Tout est
simulation. Car quand la réalité perd son bon sens, Alain
Declercq la rend sans attendre à la fiction.
Les Embedded, ce sont les journalistes envoyés à la guerre,
projetés sur la scène de la violence la plus extrême.
Il est bien question de scène ici, du grand théâtre
du monde, avec ses rôles soigneusement distribués. Toujours
en mêlant ce qui est feint, factice et ce qui est réel ou officiel,
Alain Declercq orchestre le lever du rideau, avec beaucoup de dextérité.
Il émet ses hypothèses avec une voix off détachée
et sereine, autant quavec une caméra paniquée. Il dévoile
donc des embedded stories, terme littéraire qui signifie " mise
en abyme ", histoire dans lhistoire : un agent secret en plein
11 septembre, lautorité mise en scène, la version médiatique
dun fait tragique, la version politique du même fait
Alain
Declercq ne démontre pas, nessaie pas de nous apprendre, mais
de nous désapprendre, avec humour et discrétion. Il opère
en douceur, sinfiltre. Il nous offre des témoignages qui conditionnent
notre vision des faits ; des voix, des identités confuses qui donnent
chacune leur version. Le doute sinstalle. Peu dimages sont cadrées,
il brouille les pistes et rend même labsurde plausible. Alain
Declercq joue et surtout déjoue les méandres de la version
officielle. Il fabrique ses duplicata de la réalité et on
y croit.
Florise Pagès |