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Depuis ses origines,
le papier peint n'a cessé d'osciller entre l'imitation
à bon marché de matériaux plus nobles, et la création
de décorations originales spécifiques par sa matière
et par son charme.
La renaissance est lente après la seconde guerre mondiale, elle
n'éclate qu'au cours des années 60 à 70. Le papier
peint devient alors un produit affirmatif, parfois insolent, surprenant
de modernisme, tout aussi prisé des couches modestes de la société
que des plus aisés. Le papier peint est désormais émargé,
lavable, sinon lessivable, parfois sans raccord ou préencollé,
voire décollable à sec. Son succès est si grand qu'il
doit emprunter à d'autres technologies étrangères:
la Flexo, l'Hélio, qui lui confèrent un aspect chromophotographique
très populaire. Les colorations sont transparentes, les dégradés
infinis et la voie est ouverte aux supports plastiques vinyliques, inaltérables.
Alors que le papier peint devient quasi indestructible, il devient superproductif
et sadapte aux technologies dimpression de son temps.
Le Dojo est tapissé de papiers peints conçus par 4 artistes
créant une atmosphère se tournant à la fois vers
la peinture décorative, le wallpainting, le paysage peint. Réalisés
par Wallpapers by Artists, une jeune société dont ce sera
la première exposition en France, ces papiers peints sont présentés
au Dojo comme des mises en scène qui jouent de larchitecture.
Le papier peint de Geoffroy Gross simule une salle avec laménagement
de bureau délimitant ainsi lespace du Dojo. Celui de Loïc
Raguénès nous propose un accrochage plein pot
qui investit ainsi tout le mur du fond. Olivier Mosset joue du rapport
entre le papier peint -objet - et le papier - support - qui est peint.
Enfin, le style baroque de Marc-Camille Chaimowicz et le mobilier nous
plongent dans un salon dappartement.
Pour la vitrine, une invitation est faite à Guillaume Janot qui
a choisi 4 images réalisées comme des posters aux dimensions
des cimaises qui dialoguent entre la planche botanique et la "découverte"
des studios photographiques servant d'image de fond pour la prise de vues,
créant une articulation, un dialogue entre la rue et l'agence.
Dans une des pièces adjacentes à l'espace central est présentée
Ondulation papier peint #1 de Vincent Epplay. Il sagit de la traduction
d'une onde sinusoïdale sur support papier. Une Onde évolutive
produite par un générateur de sons qui additionne une série
de fréquences diffusées comme un continuum son et visuel.
L'espace devient à la fois sonore et rétinien, une association
mimétique, cinétique de l'un par rapport à l'autre
produisant un rapport d'attraction répulsion, une pièce
ambiante où le motif devient tout aussi palpable à l'oreille
quau regard.Toujours au rez-de-chaussée, un coin canapé
est aménagé autour de la table je-table créée
par Agnès Martel. Elle est à la fois paperboard horizontal
et post it, elle peut aider à réfléchir, on peut
y dessiner lorsque lon téléphone, prendre des notes,
etc.
Puis au sous-sol, est présentée la pièce atmosphérique
de Bertrand Lamarche, le Terrain Ombelliférique - une animation
réalisée en image de synthèse et accompagnée
par la musique de Erik Minkkinen, membre de Sister Iodine. Il sagit
dune promenade virtuelle parmi les Ombelles du Caucase qui sont
une variété de plantes géantes et urticantes que
lon ne peut donc admirer que de loin.
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